Courrier de l'Ouest

Apprendre l'anglais en jouant
 
Courrier de l'Ouest - SpeakyPlanet

Une jeune start-up angevine, Speaky Planet, investit dans l'apprentissage de l'anglais par internet.

 

Depuis le début de l'année, Franck Fievet, créateur de Speaky Planet, enregistre 10 à 15 abonnements par jour.

L'idée lui est venue d'Irlande à la fin de l'année 2010. Bloqué avec sa petite famille à Dublin par une grève des aiguilleurs du ciel, Franck Fievet se désole de constater que ses deux enfants ne comprennent rien à la télévision en langue anglaise. "J'ai cherché sur internet des solutions pour qu'ils se familiarisent, j'ai acheté des DVD mais je n'ai rien trouvé de probant, explique le père de famille. C'étaient des programmes datant des années 1990 à peine dépoussiérés. Je me suis dit alors qu'on pouvait mieux faire en s'appuyant sur le jeu."


Ce professionnel de la téléphonie - il a notamment travaillé chez Afone - a déjà mis en place une plateforme de rencontre par téléphone, Bing, qui fonctionne très bien depuis plus de dix ans. Cette fois-ci, Franck Fievet, associé avec Estelle Jollivet, s'oriente vers internet. "Je voulais démocratiser et rendre plus ludique l'apprentissage pour les 7-13 ans", indique-t-il. Son seuil : moins de cinq euros d'abonnement par mois. Après une étude de marché, il recrute développeurs, illustrateurs, graphistes, traductrice et lance Speaky Planet. "Le plus long, constate-t-il, est de tester les jeux et de les débuguer".


"Pour les voix, des Anglais vivant en Anjou"

Les jeux internet proposés par Speaky Planet s'apparentent à ceux auxquels s'adonnent les enfants après l'école. Il faut parcourir un chemin semé d'embûches ou rattraper un méchant capable de vous envoyer tous les feux du ciel. Mais cette fois-ci, les protagonistes s'expriment en anglais : basique pour les débutants, plus élaboré pour les confirmés. "Pour les voix, nous avons trouvé des Anglais vivant en Anjou, explique-t-il. Ils ont un vrai accent et s'emploient à être acteurs devant le micro". L'abonnement comprend une grille d'évaluation actualisée grâce à laquelle l'élève, ou plutôt ses parents peuvent mesurer les progrès accomplis. Accessible depuis le début de l'année, la formule, bénéficiant d'une grosse publicité, notamment sur les réseaux sociaux, commence à attirer, au rythme de 10 à 15 abonnements par jour. Aux Antilles notamment, proche des Etats-Unis, la demande est sensible. Franck Fievet est en train de nouer des partenariats avec le rectorat de Créteil, le Centre national d'études à distance (CNED), l'éditeur jeunesse Bayard. Il est en contact avec la ville d'Angers pour étudier l'application sur tablette. Vivendi (SFR, Canal +) l'a également contacté. Bientôt, Speaky Planet s'affichera aussi dans les rues d'Angers, en quatre par trois. Son objectif ne manque pas d'ambition. "Aux Etats-Unis, Facebook ou Google connaissant un succès planétaire, lance-t-il. Pourquoi pas nous ? Jusque-là, en France, nous avons été naïfs sur le marketing". Dans l'attente, Speaky Planty vit grâce au succès de Bing.

 
Lien de l'article
Autres articles :